
On le répète volontiers : la France dispose de la deuxième zone économique exclusive du monde, plus de dix millions de kilomètres carrés. On rappelle moins souvent que l’essentiel de cet espace se trouve outre-mer, dans l’Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique. Le débat sur notre puissance maritime se concentre pourtant sur Le Havre, Marseille et Dunkerque. Les ports ultramarins n’y figurent qu’à la marge.
La géographie offre pourtant des atouts rares :
Depuis 2012, les ports de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de La Réunion ont le statut de grands ports maritimes, comme les principaux ports de métropole.
Ces ports ne sont pas seuls. Dans la Caraïbe, Kingston, Freeport ou Carthagène se disputent le transbordement. Dans l’océan Indien, Port-Louis à Maurice et les ports d’Afrique australe font de même. Sans investissements dans les quais, les tirants d’eau, la logistique et le raccordement numérique, nos ports risquent de rester de simples points de déchargement pour la consommation locale. Ils passeraient alors à côté du commerce régional.
Faire des ports ultramarins des plateformes régionales, c’est créer de l’emploi qualifié dans des territoires qui en manquent. C’est aussi réduire le coût de la vie lié au fret, et donner une réalité économique à la présence française dans trois océans. C’est enfin une question de souveraineté : un espace maritime que l’on n’exploite pas est un espace que d’autres finissent par occuper.
Le sujet ne devrait pas relever des seules collectivités ou des opérateurs portuaires. Il mérite un vrai débat national, que l’Institut entend contribuer à ouvrir.