
Lorsqu’ils votent aux élections européennes, la plupart des Français pensent choisir entre des partis nationaux. En réalité, les listes qu’ils départagent sont presque toutes rattachées à des partis politiques européens, qui ont leur propre statut, leur propre financement et leur propre influence sur les institutions de l’Union.
Les partis politiques européens sont reconnus par les traités. Depuis le règlement européen de 2014, ils disposent d’un statut juridique propre, sont enregistrés auprès d’une autorité indépendante et reçoivent un financement du budget de l’Union. Ils réunissent des partis nationaux de même sensibilité. Ainsi, Les Républicains sont membres du Parti populaire européen, le Parti socialiste du Parti socialiste européen, et les écologistes du Parti vert européen.
Ces partis préparent des programmes communs, coordonnent l’action de leurs membres et jouent un rôle dans le choix des responsables européens, en particulier pour la présidence de la Commission. Leur poids dépend directement des voix obtenues par leurs membres dans chaque pays.
Pourtant, ces partis sont presque absents des campagnes françaises. Leurs logos figurent rarement sur les bulletins et leurs programmes sont peu cités. Leurs positions peuvent même différer de celles que défendent leurs membres français. L’électeur vote donc, sans le savoir, pour une famille politique dont il ignore les orientations.
Parler de souveraineté démocratique en Europe suppose au minimum que les citoyens sachent pour qui ils votent vraiment.